Turlutte pêche : atteindre le fond sans perdre le contact avec le leurre
Publié par : Élodie Maréchal-Dupuy — Rédactrice spécialisée en équipement & matériel sportif
Relu, corrigé et validé par : Delphine Bertrand — Rédactrice en chef
La turlutte est le leurre destiné à la pêche des céphalopodes, principalement du calamar, de l’encornet et de la seiche. Le poulpe peut aussi l’attaquer, mais plus occasionnellement. Pour choisir le bon modèle, tenez compte du poste, de la profondeur, du courant et de la technique utilisée. Du quai éclairé à la pêche verticale en bateau, une turlutte de pêche adaptée facilite la présentation du leurre et réduit les erreurs au moment de la touche.
Comprendre la turlutte et les céphalopodes qu’elle cible
La turlutte, aussi appelée calamarette, est un leurre conçu pour provoquer l’attaque des céphalopodes. Elle se distingue d’un leurre à poisson classique par sa couronne d’hameçons située à l’arrière. Généralement dépourvue d’ardillon, cette couronne retient les tentacules lorsque le calamar ou la seiche saisit le leurre. Sa silhouette, son revêtement, ses couleurs et son comportement dans l’eau cherchent à imiter une petite proie.
Calamar, encornet et seiche : les cibles principales
Le calamar et l’encornet sont souvent recherchés à la turlutte depuis une jetée, un ponton ou un bateau, lors d’une pêche active. La seiche reste volontiers près du fond. Elle demande donc une présentation plus lente, avec une attention particulière portée à la descente. Le poulpe peut également être capturé, mais il n’est pas la cible centrale de l’eging, le terme utilisé pour désigner la pêche moderne des céphalopodes à la turlutte.
La couronne d’hameçons ne se plante pas dans la bouche comme un hameçon classique. Elle accroche les bras ou les tentacules lorsque l’animal s’empare du leurre. Cette particularité impose deux précautions : évitez le ferrage brutal et ne soulevez pas une prise uniquement avec la ligne. Une épuisette à portée de main réduit le risque de décrochage lors de la sortie de l’eau.
Choisir une turlutte selon la profondeur, le courant et la lumière
Avant de comparer les marques comme Flashmer, Sea Squid, DTD, Yamashita ou Yo-zuri, commencez par définir les conditions de pêche. Une turlutte qui descend correctement et reste visible dans la couche d’eau prospectée sera plus utile qu’un modèle choisi uniquement pour son décor. Le choix repose d’abord sur la profondeur, le courant et la luminosité.
| Type de turlutte | Situation adaptée | Atout principal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Flottante | Zones peu profondes ou présentation lente | Évite de s’enfouir trop vite près du fond | Moins adaptée lorsque le courant pousse fort |
| Coulante | Pêche du bord et prospection des différentes couches d’eau | Permet de laisser descendre le leurre | Il faut surveiller le contact avec le fond |
| Plombée | Profondeur, courant ou besoin d’atteindre vite la zone | Descente plus efficace | Une animation trop vive peut nuire à la présentation |
| Phosphorescente | Nuit, faible luminosité, postes éclairés | Visibilité renforcée du leurre | Ne remplace pas le bon choix de profondeur |
La bonne taille et le bon poids sont ceux qui gardent le contact
Il n’existe pas de poids universel. Plus le poste est profond ou soumis au courant, plus la turlutte ou la plombée doit aider à conserver une ligne lisible et un contact suffisant avec le leurre. À l’inverse, dans une faible profondeur et par eau calme, un ensemble trop lourd tombe rapidement, accroche davantage et réduit le temps de présentation. Le bon réglage permet de savoir où évolue la turlutte sans la faire labourer le fond.
La couleur vient ensuite, selon la visibilité disponible. Dans l’obscurité ou autour des quais éclairés, un modèle phosphorescent peut rendre le leurre plus facile à repérer. En eau claire et lumineuse, une teinte discrète ou proche des proies locales peut être pertinente. Prévoyez quelques coloris complémentaires plutôt qu’une accumulation de modèles identiques. Un changement est réellement utile s’il s’accompagne aussi d’un ajustement de la profondeur, du rythme ou de l’angle de prospection.
Du bord : une animation lente, régulière et contrôlée
Depuis une jetée ou un ponton, lancez la turlutte à quelques dizaines de mètres lorsque le poste le permet. Laissez-la descendre en surveillant la ligne, puis commencez une récupération très lente, ponctuée de petits à-coups. Ces impulsions donnent du mouvement au leurre. Les pauses lui permettent de redescendre et offrent aux céphalopodes un instant favorable pour attaquer.
Ne pêchez pas seulement la surface
La descente est une phase de pêche à part entière. Comptez mentalement le temps de chute sur plusieurs lancers pour explorer progressivement les différentes profondeurs. Si une zone semble productive, reproduisez la même séquence. Cette méthode évite les récupérations automatiques, souvent trop rapides, qui maintiennent la turlutte loin de la couche d’eau recherchée.
Une détente soudaine de la ligne, un décalage ou un arrêt inhabituel dans la descente peuvent signaler une prise. Ne réagissez pas en accélérant immédiatement. Reprenez simplement le contact, puis effectuez un ferrage court et mesuré. Un céphalopode peut saisir le leurre sans provoquer une touche spectaculaire. La lecture de ces signaux discrets est souvent plus efficace que la multiplication des grands gestes.
À la touche, privilégiez le geste court et l’épuisette
Une touche franche appelle un ferrage immédiat, mais sans violence. Une fois la prise pendue, maintenez une tension constante et ramenez-la sans à-coups. Gardez l’épuisette à proximité pour limiter le risque de décrochage au bord ou sur le bateau. Soulever un calamar ou une seiche uniquement avec la canne expose aussi le pêcheur aux projections d’encre.
Trois montages pour adapter la turlutte à votre technique
Le montage direct, simple pour débuter
Le montage direct consiste à fixer la turlutte en bout de ligne. C’est la configuration la plus lisible pour découvrir la pêche du bord : le leurre est lancé, laissé en descente, puis animé lentement. Elle convient lorsque le modèle possède déjà une vitesse de descente adaptée au poste et que le courant reste modéré. Le pêcheur peut ainsi se concentrer sur le contact avec le leurre et sur la lecture de la ligne.
La dérivation et le Tataki pour descendre plus vite
Avec un montage en dérivation, la turlutte est placée au-dessus d’une plombée, à environ 20 cm. Une plombée légère de quelques dizaines de grammes aide à atteindre la profondeur et à stabiliser la présentation lorsque les conditions l’exigent. Cette configuration demande des gestes souples pour limiter les emmêlements entre la ligne, la plombée et le leurre.
Le montage Tataki répond à une autre logique : la pêche verticale en bateau. Plusieurs turluttes peuvent être présentées sur la ligne, avec une plombée terminale pour descendre à la verticale. Le pêcheur contrôle la descente, puis imprime des tirées courtes suivies de relâchers. Ce montage permet de prospecter efficacement sous l’embarcation, à condition de tenir compte du courant et de la dérive du bateau.
Pêcher de nuit et acheter sans se tromper
La pêche nocturne est pratiquée autour des quais, des jetées et des postes éclairés, où la lumière peut concentrer l’activité. Les professionnels utilisent parfois des lamparos pour rapprocher les céphalopodes. Pour le pêcheur de loisir, un poste public déjà éclairé et praticable offre une solution plus simple. Vérifiez la sécurité des lieux, la réglementation locale et la possibilité d’utiliser une épuisette sans gêner les autres usagers.
Pour constituer une sélection cohérente, commencez par couvrir trois besoins : une turlutte coulante polyvalente pour le bord, un modèle plus lourd ou une plombée pour gagner la profondeur, et une version phosphorescente pour les sorties de nuit. Ajoutez une épuisette et contrôlez l’état de la couronne d’hameçons après les accrochages. Adaptez ensuite l’équipement à la technique envisagée. Une sélection réduite, composée de modèles choisis selon les conditions réelles, vaut mieux qu’une boîte remplie de leurres difficiles à distinguer sur l’eau.



