Application pêche en mer obligatoire : qui doit s’enregistrer, quoi déclarer et quand ?
L’application de pêche en mer devient obligatoire pour encadrer une partie de la pêche de loisir. L’enregistrement concerne les pêcheurs de 16 ans et plus, et la déclaration vise certaines espèces sensibles. L’objectif est de mieux suivre les captures, y compris lorsque le poisson est relâché.
Ce qui devient obligatoire, et pour qui
À partir du 12 février 2026, les pêcheurs de loisir en mer âgés de 16 ans et plus doivent s’enregistrer via l’application RecFishing lorsqu’ils pratiquent une activité concernée. Cet enregistrement est annoncé comme gratuit et valable sur une durée annuelle de 12 mois, selon les modalités affichées dans l’application.
La règle ne dépend pas seulement du lieu de pêche, mais aussi de ce qui est capturé. L’enregistrement identifie le pêcheur ; la déclaration, elle, intervient lorsqu’une espèce sensible est prise. Un pêcheur peut donc être enregistré sans avoir de prise à déclarer si aucune espèce concernée n’est capturée.
Pêche embarquée, pêche du bord, pêche à pied : le principe reste le même
La pêche de loisir en mer recouvre plusieurs pratiques : pêche embarquée, pêche depuis le rivage ou pêche à pied sur l’estran. Le cadre vise les pêcheurs de loisir, pas seulement les plaisanciers à bord. Il ne remplace pas les règles existantes sur les tailles minimales, les quotas, les périodes d’interdiction ou le marquage de certaines espèces. L’application ajoute une télédéclaration pour mieux connaître l’activité réelle.
RecFishing ne remplace pas le permis bateau
Une confusion fréquente consiste à croire que RecFishing devient une autorisation de navigation. Ce n’est pas le cas. Le permis bateau reste lié à la conduite d’un navire motorisé selon les règles habituelles. RecFishing concerne l’enregistrement du pêcheur de loisir et la déclaration de certaines captures. Un pêcheur à pied peut donc être concerné sans avoir de bateau, tandis qu’un plaisancier peut être en règle pour naviguer mais devoir tout de même s’enregistrer pour pêcher.
Les captures à déclarer : espèces sensibles, no-kill et délai
La déclaration n’est pas demandée pour toutes les prises sans distinction. Elle vise les espèces sensibles, c’est-à-dire celles dont le suivi est jugé important pour la gestion durable des ressources halieutiques. Parmi les espèces mentionnées figurent notamment le bar, le lieu jaune, le thon rouge, la dorade rose, le maquereau et la dorade coryphène. La liste peut évoluer, donc il faut vérifier les espèces affichées dans l’application au moment de la sortie.
Une prise relâchée peut quand même devoir être déclarée
Le no-kill, ou pêcher-relâcher, ne supprime pas automatiquement l’obligation déclarative. Pour les espèces concernées, la déclaration peut être exigée même si le poisson repart à l’eau. Le suivi porte aussi sur les interactions avec la ressource, pas seulement sur les poissons conservés. Cette précision compte pour les pêcheurs sportifs, qui relâchent souvent leurs prises mais capturent parfois des espèces suivies.
Quelles informations renseigner ?
La déclaration journalière demande généralement des informations concrètes : espèce, quantité, taille, zone, date et parfois technique de pêche. Selon le fonctionnement retenu, la zone peut être sélectionnée sur une carte ou rattachée à une zone statistique plutôt qu’à une position exacte. L’enjeu est de produire une donnée exploitable sans alourdir la démarche.
Le bon réflexe consiste à noter la capture dès qu’elle a lieu, même si la validation finale se fait plus tard dans la journée. Une déclaration faite de mémoire, le soir, augmente le risque d’erreur sur la taille, l’espèce ou la zone, surtout lors d’une sortie longue ou avec plusieurs pêcheurs à bord.
Utiliser RecFishing sans se tromper
La démarche suit deux temps distincts : d’abord l’enregistrement du pêcheur, puis la déclaration des captures concernées. L’application RecFishing est prévue sur mobile, avec téléchargement sur iOS et Android. Certains parcours mentionnent l’usage d’EU Login, avec un code PIN à 4 chiffres, pour sécuriser l’accès au compte.
Avant la sortie : créer son accès et vérifier son statut
Il vaut mieux installer l’application et créer son compte avant d’être sur le quai ou sur une cale de mise à l’eau. L’enregistrement annuel permet d’obtenir un identifiant personnel, parfois matérialisé par une autorisation électronique, un QR code ou une preuve consultable sur le téléphone. En cas de réseau faible, disposer d’une capture d’écran de son statut peut aider à retrouver rapidement l’information, même si seule la démarche officielle fait foi.
Pendant ou après la sortie : déclarer le jour même
La déclaration est pensée comme une démarche journalière. Certaines informations évoquent une saisie pendant ou après la sortie ; dans tous les cas, l’idée pratique est de ne pas laisser passer la journée. Le délai de 24 heures est un repère utile pour comprendre l’esprit de la règle : déclarer rapidement, tant que les informations sont fiables.
À bord, le point faible n’est pas toujours la réglementation, mais l’organisation. Un équipage gagne à désigner un relais : une personne qui rappelle les tailles, note les captures au fil de l’eau et vérifie que chacun déclare ses propres prises. Ce rôle évite les oublis en chaîne, surtout quand les cannes sont nombreuses, que le sondeur mobilise l’attention et que le retour au port se fait dans la fatigue. La conformité devient alors un geste de bord, au même titre que ranger les leurres, rincer le matériel ou consigner la route.
Façades maritimes, Méditerranée et Catchmachine : les cas à surveiller
Les règles peuvent différer selon les façades maritimes et certains espaces protégés. La Manche, l’Atlantique, la Méditerranée et l’Outre-mer n’ont pas toujours les mêmes espèces, les mêmes zones de référence ou les mêmes outils déjà en place. Les zones CIEM 4, 7 et 8 peuvent être citées dans certains cadres de suivi, mais le pêcheur n’a pas vocation à mémoriser toute la cartographie : l’application doit l’aider à sélectionner la bonne zone.
| Situation | Point à retenir | Risque d’erreur fréquent |
|---|---|---|
| Pêcheur de 16 ans et plus | Enregistrement annuel via RecFishing lorsque l’activité est concernée | Penser que seuls les propriétaires de bateau sont visés |
| Capture d’une espèce sensible | Déclaration journalière avec espèce, quantité, taille, zone et date | Oublier de déclarer une prise relâchée |
| No-kill | La remise à l’eau ne dispense pas forcément de déclaration | Confondre absence de prélèvement et absence de capture |
| Méditerranée et parcs marins | Catchmachine peut déjà s’appliquer dans certains contextes | Faire une double déclaration alors qu’elle n’est pas requise dans certains parcs |
RecFishing ou Catchmachine ?
RecFishing ne doit pas être confondu avec Catchmachine, utilisé dans certains contextes méditerranéens, notamment liés à des parcs marins. Le point rassurant est qu’une double déclaration n’est pas requise dans certains parcs méditerranéens lorsque Catchmachine est déjà obligatoire. Avant une sortie dans une zone protégée, il faut donc vérifier l’outil demandé localement, car la règle peut dépendre de la façade maritime et du périmètre précis.
Si vous pêchez rarement
Même pour quelques sorties par an, l’enregistrement peut être nécessaire si vous entrez dans le périmètre de la règle. L’intérêt de créer le compte à l’avance est évident : le jour où une espèce sensible est capturée, vous n’avez pas à improviser l’inscription, l’authentification et la déclaration au retour de pêche. Pour un pêcheur occasionnel, le plus simple est de considérer l’application comme un document de bord, au même titre qu’une réglette de mesure.
Oubli, erreur, contrôle : comment rester conforme
Le non-respect des obligations d’enregistrement ou de déclaration expose à des sanctions administratives et à des amendes. Les contrôles peuvent intervenir en mer, à terre, au port ou lors d’une vérification des captures. L’enjeu n’est donc pas théorique : en cas de contrôle, il faut pouvoir montrer que l’on est enregistré et que les captures concernées ont été déclarées correctement.
Les erreurs à éviter
Les oublis les plus probables sont simples : ne pas s’enregistrer parce que l’on pêche depuis le bord, ne pas déclarer une remise à l’eau, confondre deux espèces proches, ou attendre plusieurs jours avant de saisir les informations. Pour limiter ces erreurs, gardez une méthode stable : mesurer immédiatement, identifier l’espèce avant remise à l’eau ou conservation, noter la zone de pêche, puis déclarer avant de clore la journée.
Si une erreur de saisie se produit, le meilleur réflexe est de la corriger dans l’application si cette option est disponible, ou de conserver les éléments permettant d’expliquer la situation en cas de contrôle. Une déclaration sincère et rapide sera toujours plus défendable qu’une absence totale de démarche.
Une obligation au service du suivi des ressources
La pêche de loisir en mer concerne environ 2,5 millions de personnes. Sans données de déclaration, une partie des prélèvements reste difficile à estimer, en particulier pour les espèces suivies. L’application sert donc à mieux comprendre la pression réelle exercée sur certaines ressources, à adapter les règles et à responsabiliser chaque pêcheur sans assimiler la pratique de loisir à une activité commerciale.
La bonne approche consiste à préparer sa conformité avant la sortie : application installée, accès testé, espèces sensibles connues, réglette disponible et méthode de déclaration claire. Une fois ces réflexes pris, l’obligation devient une routine de pêche responsable.
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